lundi 30 avril 2012


Teach Us To Outgrow Our Madness
d’Erna Omarsdottir



Présenté à la Rose des vents le 3 avril dernier, cette pièce d’Erna Omarsdotti en étonnera plus d’un. Entre danses parfaitement synchronisées, contorsions, figures fantomatiques et hurlements pour fan de d’ « Heavy Métal », il est difficile de ce faire un point vue sur cet ovni néanmoins habillement mis en scène. Le spectacle peut se voir comme plusieurs scènettes représentant divers étapes de la vie d’une femme, de la naissance du fœtus au passage dans l’au-delà en passant par les premiers rapports sexuels. Il faut avouer que cela commence fort une première chorégraphie qui joue sur l’effet de miroir, de contorsions et d’illusions d'optique donnant l’impression, même aux spectateurs les plus proches de la scène, que le personnage lui fait face alors qu’il est en réalité, de dos. 

Une fois ces 5 entités transformées en femmes, petites, grandes, enrobées, minces, ravissantes ou mignonnes, elles mettent rapidement le spectateur mal à l’aise en faisant bouger leurs corps dans tout les sens. C’est d’avantage ce violent hochement de tête, de haut en bas puis de gauche à droite qui semble interminable et insupportable pour le spectateur. Bien qu’une performance physique hors du commun soit incontestable, on a du mal à trouver un réel intérêt à observer des personnages se faire monter le sang jusqu’à la tête en se raclant la gorge au passage. 

Cela fait heureusement place à des moments plus « significatifs » avec des passages plus « doux » notamment quand les 5 comédiennes se mettent en file indienne pour se coiffer les cheveux et plus  « interpellant » quand elles transforment une partie de corde à sauter en scène d’agression. C’est d’ailleurs en faisant de ces cordes à sauter une arme, insoupçonnable, envers elles mais aussi envers le spectateur qu’elles regardent avec un air menaçant, que le metteur en scène opère encore une fois une transformation et un changement d’état d’esprit auquel le spectateur ne s’attend pas.

Jouant intelligemment entre silence, effets sonore et musiques en tout genres Erna Omarsdotti joue avec son spectateur et met à l’épreuve sa concentration avec une oreille qui peine à s'habituer aux changements radicaux d’ambiances et de volume sonore. Un effet qui aurait pu être intéressant s’il n’était pas autant présent durant toute la longueur de la pièce et s’il ne mettait pas autant mal à l’aise le spectateur au point d’être obligé de quitter la salle ou de se boucher les oreilles. Même si cela est porteur d’une volonté artistique forte et d’un sentiment de mal être très bien retranscrit chez le spectateur, c’est à mon sens le gros point négatif de la pièce.

N’en sortant pas « indemne » ou combler totalement de cette représentation on retient facilement l’incroyable performance physique des comédiennes et de nombreuses références cinématographiques auxquelles la pièce peut nous faire éventuellement penser, c'est-à-dire des films comme « Virgin Suicide » de Sofia Coppola, « Psychose » d’Alfred Hitchcock ou encore « The Ring » d’Hideo Nakata.
Une pièce intéressante, sans être le choc de l’année, qui s’écoute avec des boules Quies.

Humberto Da Silva AS3

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