vendredi 14 mai 2010

VOYAGE D’HIVER


Prenez la route. Laissez vous « transporter » par le spectacle ICE.

Il a été mis en scène par François VERRET, sur une idée de Graham F. VALENTINE , à partir de la lecture du roman d’Anna KAVAN, romancière et peintre britannique, héroïnomane. La direction musicale est assurée par Graham F VALENTINE accompagné notamment de Martin Schütz et Dorothée Munyaneza. .

Le spectateur est plongé d’entrée de jeu dans un monde glacial et cauchemardesque, d’autant plus qu’un froid glacial nous saisit, sensation réelle distribuée par un dispositif ou machine scénique. Un rideau transparent sépare néanmoins la scène de la salle comme pour permettre en quelque sorte au spectateur de prendre ses distances. La catastrophe, si elle n’est pas encore arrivée, est toutefois imminente. Comme si, le rideau seul miroir de la réalité, nous permettait encore de choisir de quel côté se situer. Il faut choisir, la route est là, au propre et au figuré. Une vidéo diffuse le défilement d’une route, filmée de l’intérieur d’une voiture. Le spectateur est embarqué.

Loin du désert et de la road movie de « Las Vegas Parano » de Hunter, le voyage proposé par François VERRET à la suite d’Anna KAVAN est un voyage d’hiver. Des danseurs en transe, jaillis du plus profond de l’inconscient ou de quelque caverne obscure de notre âme flambent comme des torches et nous invitent à entrer et partager leur danse macabre dans le froid et la glace d’un chaos éternel.

Entre hallucinations et menace de glaciation, des paroles, des phrases, des mots en anglais sont donnés, clamés, déclamés, chantés pour guider le spectateur dans sa compréhension d’une histoire sans début ni fin. Eclairages et divers styles de musique live scandent le spectacle comme pour nous éveiller d’un mauvais rêve. Ils sont interprétés par une remarquable chanteuse, passant du rap aux chansons africaines. Passion , désir , émotion sont étroitement mêlés à des sentiments de souffrance et de haine. Une histoire d’amour convoque ces personnages ambigus et désespérément seuls

Outre l’omniprésence des rideaux qui tour à tour cachent et dévoilent les acteurs et notamment la scène de l’œil de la tornade simulée par le mouvement impulsé par un des danseurs, le spectacle est également rythmé par des scènes récurrentes où une femme danse, strictement parquée dans un espace géométrique de lumière. François VERRET use des corps pour écrire une histoire "Babel" du troisième millénaire. Mémoires, désirs et visions : il nous appartient de les interpréter et de leur donner un sens avec nos émotions et notre ressenti, faute de compréhension du texte précis.

Lenglet Ysé AS1

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