mercredi 12 mai 2010

Ice ice baby

« Une étendue, peut-être blanche, figée dans le froid translucide d’un hiver silencieux : vision polaire, effrayante, d’un monde soudain pétrifié par la glace, qui suspend la course effrénée de la vie. Dans Ice, roman SF publié en 1967, Anna Kavan, grande voyageuse anglaise et héroïnomane, trame le récit entre hallucinations et réelle menace de glaciation qui peu à peu gangrène l’Angleterre. « La glace est une métaphore qui opère à une multiplicité d’endroits : en soi, entre deux personnes quelles qu’elles soient, entre deux amants ou bien à travers une micro ou macro-société dans la perte d’empathie et la duplicité des comportements interindividuels. » explique François Verret. Puisant dans le livre la matière d’un questionnement en mouvement sur notre temps présent et l’absurde précipitation vers le rien, le chorégraphe aborde le plateau comme un champ de possibles à explorer, fait de mots et de silences, de corps et de présence, de voix et de chants, de transparences et d’opacités »

http://www.journal-laterrasse.fr/article_desc.php?id_art=2452&men=2

Avant Ice, les seuls ballets que j’avais vu étaient ceux diffusés sur Arte, et encore, il m’arrivait souvent de changer de chaine au bout de quelques minutes. Pour cette première en direct, j’avais quelques attentes, une certaine curiosité pas seulement vis à vis du spectacle (je dois avouer ne pas m’être renseigné avant d’aller voir la représentation) mais plutôt sur les ballets en général, quelle(s) sensation(s) éprouver après avoir vu un ballet. J’ai été un très surpris pendant et après la représentation, certaines scènes m’ont attiré et d’autre moins. Les messages flous que Verret a voulu nous transmettre m’ont assez dérangé, mais je pense que mon manque d’information pré visionnage y a joué un grand rôle. On se rend compte lors de la représentation que Verret cherche à nous dire que la glace peut être le reflet de rapports conflictuels individuels ou collectifs (à différents niveaux).

Chacun de ces rapports conflictuels sont montrés de plusieurs manières : la lumière, un travail très fort à été effectué sur la lumière notamment à chaque transition ou on a l’impression d’avoir une vidéo 3D qui nous renvoie à un univers presque hostile. La danse, qui m’a beaucoup troublé. En effet, dans le mouvement des corps on pouvait ressentir une certaine violence, une force très maitrisée, même lors des passages plus « calmes ». On remarquera que l’espace scénique est très bien occupé par les danseurs et autres acteurs du ballet. Au niveau de la mise en scène j’ai beaucoup aimé le fait que l’on sente de l’air froid investir l’Opéra, nous plongeant ainsi au cœur de cette histoire. Cependant, la chose la plus surprenante pour moi a été la musique, je n’imaginais pas entendre des musiques actuelles lors ce ballet, et encore moins en live avec les artistes présent dans le même espace que les danseurs. C’est d’ailleurs ce que j’ai apprécié le plus, la musique qui permet vraiment de faire le lien « matériel » entre le roman écris dans les années 1960 et notre époque à nous.

Pour ma part, je pense que ce spectacle est accessible seulement si vous avez lu des documents sur le roman ou même sur le ballet. Même si on perçoit certaines idées, on ressort (en quelque sorte) frustré de l’Opéra. De plus, la danse peut paraître parfois un peu trop moderne, presque improvisée. Mais personnellement, je ne m’y connais pas assez pour juger la chorégraphie. J’ai aimé certaines scènes autant que j’en ai détesté d’autres. Une en particulier ? Celle où les danseurs suspendus à de longs rideaux circulaires tournaient de plus en plus vite laissant apparaître puis disparaître d’autres danseurs. Pourquoi ? Peut être parce que c’est la seule scène qui m’ait paru familière, comme une impression de déjà vu. Pour ce premier ballet, je garde donc un souvenir/sentiment très particulier. Ce spectacle m’a donné envie de retourner voir d’autres ballets pour pouvoir le confronter, savoir vraiment quoi en penser, car même après réflexion j’en garde un goût assez amère.

Alex. Fernandes

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