dimanche 8 mars 2015

Critique de l'oeuvre Sans Titre (1968) de Daniel Buren

                                  Sans Titre (1968) de Daniel Buren, exposé au LaM

Daniel Buren n’a eu de cesse dans sa carrière, de déchainer les passions. Experts comme amateurs ont donné de la voix pour crier au génie ou à l’imposture notamment lors de la mise en place des fameuses colonnes de Buren. Le sbire de Jack Lang est incompris par le tout Paris et nombres de scandales s’en suivent.
Au premier abord l’œuvre de Buren Sans titre (1968) est d’une simplicité déconcertante voire prétentieuse. On aurait tendance à y voir une caricature de l’art abstrait. Mais ce serait là une analyse expéditive et superficielle.
Que l’on aime ou pas le tableau de l’artiste, il y a derrière le travail de Buren une réelle démarche artistique.
Si l’on remet l’œuvre dans son contexte on peut faire un rapprochement avec le mouvement artistique Fluxus qui définis chaque élément du quotidien comme une possible œuvre d’art. Le fait que Buren trouve ses tissus sur les halles saint pierre et qu’il les définisse comme œuvre d’art s’inscrit partiellement dans cette démarche.
Quoi qu’il en soit, il semblerait que la réalité de l’œuvre de Buren soit bien loin de la facilité de lecture qu’il désire exprimer. On ne peut sans aucune clé comprendre ou même apprécier le travail de l’artiste qui nous perd dans ses rayures répétitives et visiblement insensées. Vouloir se concentrer sur le tissu en lui même pour y trouver quelque indice sur son sens serait mal aborder le travail de Buren. Après quelques recherches sur les intentions de l’artiste, on fait quelques pas en arrières pour considérer la tenture dans son espace. Contre toute attente, il est question de révéler le lieu d’exposition par l’œuvre plutôt que l’inverse. Cette démarche est intrigante et finalement bien plus réfléchi que ce que l’on supposait au premier regard. Ici Sans Titre n’acquiert pas tellement plus de résonnance, la toile rayée exposée dans une salle blanche fait plus figure de relique que de réel « travail in situ ».

En effet, le « degré zéro » de la peinture, autre leitmotiv de l’artiste, nous est en revanche particulièrement bien démontré. Une épuration totale de technique ou de narration continue de nous déstabiliser face à cette œuvre. On ne peut s’empêcher de penser au suprématisme de Malevitch et donc de constater la place de Buren dans l’histoire de l’art qu’il chercher pourtant à fuir. On reste assez déconcertées face à la froideur de l’œuvre et son manque de marques culturelles. Très intellectualisée, l’esthétique de Buren ne nous permet que très difficilement de nous identifier à son art. Il n’est finalement pas très étonnant de constater du scepticisme du public face à l’artiste sans pour autant donner de crédit aux épidermiques.

Adèle Lagarrigue 
Orane Caens Diebold
AS1 

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