mardi 17 avril 2018

Illumination

« Illumination », Ai Weiwei, 2014, Alcatraz, hôpital.
« Son militantisme a rappelé comment l’art peut atteindre un large public et se connecter
au monde réel », Art Review.
Ai Weiwei est un artiste chinois engagé, né le 28 août 1957 à Pékin. Il est sculpteur,
performeur, photographe, architecte, commissaire d’exposition et blogueur. Son travail ne
plaît pas au gouvernement chinois, en effet, il est arrêté en 2011 par la police pour
évasion fiscale et libéré sous caution trois mois après. Cette arrestation avait provoqué
une vague d’indignation à travers le monde. Il ne peut quitter Pékin qu’après récupération
de son passeport chinois en 2015.
Son père est le poète et intellectuel Ai Qing, qui après certaines critiques à l’égard du
régime politique, est vu comme « ennemi du peuple ». Il est envoyé avec sa famille dans
un camp de travail et de rééducation où Ai Weiwei grandit en voyant son père humilié.
En 1978, il part à Pékin étudier le cinéma à l’université. C’est en voyant la condamnation
de son animateur Wei Jingsheng que Ai Weiwei se dégoute totalement de la politique.
Il fonde en 1979, un groupe avant-gardiste appelé « Les Etoiles » où ses oeuvres seront
incluses durant les expositions anniversaires.
Il part ensuite pour New York, où il est étudiant à « Parsons The New School for
Designer », mais il arrête très vite ses études et vit de petits métiers.
Il revient en Chine suite aux manifestations place Tian’anmen et participe à une grève de
la faim durant huit jours avec un collectif du nom de « Solidarity for China ».
Ai Weiwei est un activiste de la mémoire, il se sert de son art pour dénoncer le système
politique.
« Illumination » est une installation sonore dont la seule trace que nous ayons est une
série de photographies prise dans des cellules de la prison d’Alcatraz en 2014. Cette
oeuvre est peu connue et assez difficile à trouver, je vais donc vous faire un petit résumé
de l’oeuvre suivie d’une critique personnelle. Illumination, pourquoi ce titre ? Je pense
que c’est en lien avec la lumière peu présente dans les bâtiments mais aussi avec la
bande sonore qui y est passé et qui amène de la chaleur au lieu.
Les différents clichés sont pris dans la prison d’Alcatraz (situé sur une île aux sud-ouest
des Etats-Unis). Les différents clichés sont :
- une fenêtre morcelée en petits carreaux entourées de carreaux jaunes ;
- un coin de chambre avec un lavabo et des carreaux blancs ;
- un couloir en carreaux jaune avec des portes, illuminées par la gauche ;
- un escalier qui mène sur un couloir en carreaux vert ;
- une porte ouverte ;
- un tabouret face à un lavabo dont les murs sont dégarnis.
Dans cette série, on peut observer des coins lugubres dont les murs sont recouverts de
carreaux. Les photographies sont prises ici pour témoigner du passage de l’artiste mais
aussi pour dénoncer ce qu’il s’est passé dans ces pièces. En effet, c’est dans ces
bâtiments que les personnes atteintes de maladies mentales étaient isolées et observées.
L’oeuvre de l’artiste consistait à faire passer un enregistrement d’un chant sacré tibétain
(une cérémonie Bouddhiste pour la déesse Palden Lhamo, la protectrice du Tibet). Cette
musique de Hopi (une langue uto-aztèque du Nord parlée aux États-Unis, dans le Nord-
Est de l’Arizona) fait référence aux premiers prisonniers de conscience à Alcatraz. Le but
artistique d’Ai Weiwei est de dénoncer la répression culturelle et politique faite sur un
peuple. En effet, ils ont été renvoyés, privés de droits, limités et observés. Ici, l’artiste
rend hommage à ces hommes incarcérés et fait aussi l’éloge de la liberté culturelle et
politique. Les photographies témoignent d’un art mais aussi d’une mémoire collective.

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